Basiliques et Catacombes Documents et mémoriaux Aussitôt dit, aussitôt fait Profonde certitude

 

Urbi et Orbi Un barbare dans l'empire Accueil Saint-Pierre  Révision

Pierre est ici

Documents et mémoriaux

En l’an 96, l’évêque romain Clément (quatrième pape de l’Histoire) écrivit que Pierre a été martyrisé et crucifié au cours d’une persécution antichrétienne.

Tacite aussi, païen antichrétien et contemporain des faits, confirma que, pendant ces actes de la plus pure sauvagerie, de nombreux chrétiens furent crucifiés.

Bref, documents et mémoriaux n’ont jamais manqué, mais il n’y avait pas de preuves matérielles démontrant que Pierre avait vécu à Rome. L’Eglise romaine a toujours soutenu que Pierre avait été sauvagement martyrisé pendant les persécutions néroniennes, et qu’il avait ensuite été enterré dans les alentours immédiats par un groupe de fidèles. Des siècles plus tard, à l’endroit des mémoriaux laissées sur la sépulture, se dressa la Basilique qui lui était consacré.

Vipsania Agrippine « la Majeure », fille de Julia et Marcus Agrippa (général d’Auguste) eut 9 enfants avec le général Germanicus. Deux d’entre eux furent Gaius Caligula et Agrippine (dite la Mineure), mère de Néron.

Agrippine la Majeure accusa Tibère de l’assassinat de son mari Germanicus, et pour cette raison elle fut exilée dans l’île italienne de Pandataria (actuelle Ventotene) où elle se laissa mourir d’inanition en l’an 33 ap. J.-C.

Les pauvres protestent

Pendant la deuxième moitié du 12e siècle, apparut à Lyon (France) une secte religieuse évangélique, les Vaudois, qui se déclaraient être les « Pauvres de Lyon ». La secte se répandit en Italie -principalement en Lombardie- sous le nom des « Pauvres de Lombardie ». A partir du 13e siècle, les deux groupes se mirent d’accord pour contester la présence de l’apôtre Pierre à Rome.

En 1545, Luther publia un écrit contre la papauté romaine, qui selon lui avait été « inventée par le diable», dans lequel il dit que « à Rome personne ne sait vraiment où se trouvent les restes de saint Pierre et de saint Paul ». Le fait est que, non seulement à Rome mais nulle part, personne ne le savait ;
lui non plus et il n’a jamais pu le savoir...

Aussitôt dit, aussitôt fait

Les siècles passèrent et la polémique continua, avec ses hauts et ses bas selon les circonstances, jusqu’à ce que le cardinal Eugenio Pacelli déclarât que, comme il s’agissait d’un sujet déterminant pour l’Eglise romaine, qui avait fondé et développé son existence en ce lieu depuis la tombe de Pierre, le Vatican ne pouvait ni ne devait continuer à supporter ces attaques infondées, dont l’Eglise souffrait depuis déjà sept siècles.

Ce même cardinal Pacelli monta sur le trône pontifical le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII, et, en cohésion absolue avec ses déclarations précédentes, il remit entre les mains de la science la mission de rechercher de la vérité. Quatre mois après son élection, Pie XII en assuma toute la responsabilité et des fouilles archéologiques de grande ampleur commencèrent. Mener à bien cette investigation était très complexe et ne pouvait évidemment pas aboutir rapidement.

Pie XII mourut en 1958, dix-neuf ans après avoir pris cette décision historique (mission de la science internationale de découvrir la vérité), sans que les recherches n'aient pu encore donner raison au Vatican, pas plus qu’à ses accusateurs.

Le comportement violent de Néron envers les chrétiens eut comme résultat le renforcement du christianisme, grâce aux empreintes indélébiles laissées par le prince des apôtres à Rome : berceau du christianisme en Occident et base indiscutable de la Papauté.

Le théologien Origène et le célèbre bibliste Jérôme ont écrit que Pierre a été crucifié la tête en bas, ce qui est assez possible, même probable.

Il était courant d’exécuter des condamnés à mort de basse condition de cette façon, pour les dénigrer encore plus et accentuer leurs terribles souffrances.

Naumachie d'Auguste

Cirque Gai et Neronis

Dans l’antique zone Vatica, d’origine étrusque, Agrippine la Majeure possédait une résidence entourée de vastes terrains. L’empereur Auguste y avait fait construire une Naumachie. A la mort d’Agrippine, son fils Gaius Caligula hérita de la grande demeure et, à côté de la Naumachie d’Auguste, il fit construire une piste pour des entraînements équestres, espace appelé Gaianum. Il le décora en y installant sur le pourtour les statues des principaux athlètes de courses de biges et de quadriges : ses propres idoles.

Saint-Pierre au Vatican

Caligula fit aussi construire un Cirque romain, qui avait toutes les caractéristiques des grands cirques publics, mais à une échelle plus réduite. Le jeune empereur mourut assassiné à l’âge de 29 ans et son cirque resta inachevé.

La demeure passa aux mains de l’empereur Claude, qui à sa mort la laissa en héritage à Néron, son fils adoptif. Néron acheva les travaux du Cirque qu’avait commencés son oncle Caligula ; pour les romains c'était le Circus Gai et Neronis. C’est justement là, dans ce Cirque du Vaticanus, que Néron commença ses premières grandes persécutions de chrétiens, historiquement les plus importantes.

Jusqu'à peu avant les années 1960, on parlait du martyre de Pierre de façon imprécise, le situant entre les années 64 et 67. Tout au long de l’histoire nombreux furent ceux qui le nièrent de façon absolue, allant jusqu’à contester la présence de Pierre à Rome.

Leur position se fondait sur une supposée erreur et soutenait que « ce qui n’est pas confirmé par la Bible, n’existe pas », et comme ce fait n’était pas biblique, il n’était donc pas acceptable. C’était logique ! Aussi logique que de dire que pour les aveugles la lumière du soleil n’existe pas, donc le soleil n’existe pas … Il n’existe pas pour les aveugles !

Quatre siècle plus tard, Luther aussi nia la présence de Pierre à Rome, mais comme les Pauvres de Lyon et de Lombardie, le brillant moine allemand n’avait pas non plus les éléments qui lui permettaient de démontrer ses «certitudes».

Révision 10

Profonde certitude

Dans les profondeurs de la basilique, une lumière enfin s’alluma : l’équipe scientifique de l’archéologue Ferdinando Castagnoli découvrit les fondations du Cirque de Néron, et en 1960 réussit à déterminer son emplacement exact. Les travaux continuèrent inlassablement pendant encore quelques années, jusqu’à ce qu’une autre équipe de scientifiques, dirigée par l’archéologue et épigraphiste italienne Margherita Guarducci, découvrît des inscriptions qui, ajoutées à d’autres éléments déterminants, indiquaient, sans aucun doute scientifique, qu’elle avait trouvé la tombe du prince des apôtres.

Sur une paroi située dans une position presqu’impossible à localiser, et dans des caractères d’une interprétation très complexe : l'inscription grecque petrus eni « Pierre est ici ». Cette découverte, venant s’additionner à toutes les données rassemblées pendant 29 ans de recherche et d’étude, fut l’élément décisif qui confirma la documentation historique de témoins (chrétiens et païens) contemporains de Pierre et du sanguinaire Néron.

Paul VI put réaliser ce que tout pape vraiment chrétien aurait désiré : communiquer au monde que la sépulture de Pierre était  là où les documents l’indiquaient. Il n’était pas question de tromperie ni de stupidité cléricales.

« Pierre est ici » : ce sont les pierres qui nous le disent, les mêmes qui sont à cet endroit depuis l’an 64.

Dessin et photo, réalisés par l’équipe de l’archéologue Guarducci, du morceau de mur avec l’inscription grecque petrus eni qui indique la tombe de l’apôtre : Pierre est ici.

Reconstruction de l’édicule placé sur la tombe de Pierre au 2e siècle, découvert pendant les fouilles archéologiques réalisées entre 1940-49.

Urbi et Orbi

Pendant l’audience publique du mercredi 26 juin 1968, Paul VI informa les fidèles -et par leur intermédiaire le monde entier- que la tombe de Pierre avait été identifiée.

Cette nouvelle historique, basée sur une expertise scientifique internationale, récompensa le courage sans égal que Pie XII avait montré 29 ans auparavant, en affirmant que « quel que soit le résultat, il est indispensable de chercher jusqu’à trouver la réalité des faits ».

Les découvertes réalisées dans les sous-sols de la Basilique Saint-Pierre -et non seulement la tombe de l’apôtre- appauvrirent encore plus les Pauvres de Lyon et de Lombardie du lointain et triste 13e siècle, ainsi que tant d’autres qui, même s’ils ne se considéraient pas « pauvres », se montraient spirituellement misérables.

Un barbare dans l’empire

Avec cette découverte archéologique -peut-être l’une des plus importantes de l’histoire intimiste du christianisme- se confirmait aussi la barbarie de Néron. Le 13 octobre de l’an 64, à l’occasion de son dixième anniversaire sur le trône impérial, il martyrisa une grande quantité de chrétiens, les rendant responsables du grand incendie de Rome provoqué quelques mois auparavant, et faisant retomber sur cette communauté d’immigrants la faute dont le peuple romain les accusait.

Cependant, en agissant ainsi, Néron obtint un résultat historique diamétralement opposé à ce qu’il voulait : détruire la communauté chrétienne de Rome. En martyrisant son principal représentant, non seulement il ne réussit pas à la détruire, mais au contraire il la réactiva. Et 19 siècles plus tard, cela permit de confirmer au monde entier que Pierre est bien là, comme tant de témoins oculaires nous l’avaient affirmé.

Il est fort possible que trois siècles plus tard, un autre empereur, Constantin, ait longtemps réfléchi sur les erreurs de son célèbre et lointain prédécesseur….

Il n’y a pas de pire aveugle que…

Le professeur Marcel Simon, auteur de « Les premiers chrétiens » (1952) , considérait avec une absurde obstination que la tradition de compter Pierre parmi les victimes paléochrétiennes de Rome était totalement infondée. En voulant justifier son attaque stérile, il ajoutait que les fouilles sous la basilique vaticane n’avaient donné aucun résultat probant, alors que les fouilles étaient encore loin d’être terminées. Cinq ans plus tard (1955) un autre professeur universitaire, le suisse Karl Heussi, sans aucune preuve et manquant de maturité scientifique, soutint catégoriquement que Pierre n’avait jamais séjourné à Rome.
Entre-temps, malgré les problèmes provoqués par la deuxième Guerre Mondiale, les travaux de fouilles, de recherches et d’études archéologiques continuaient au Vatican, à sept mètres sous le baldaquin de Bernini.

Margherita Guarducci

(1902-1999)

Basilique Saint-Pierre. Souterrains des Grottes Vaticanes, où furent découvertes les nécropoles de l’époque néronienne.

Paul VI (1963-78)

L'empereur Néron

Mise à jour : Mars 2019

 Marcelo Yrurtia

Martine Ruais